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Message par Cassiopée le Jeu 30 Avr - 13:09

#91: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Lun Oct 13, 2008 7:04 pm


COUR DE LA FERME SAINT-LAZARE 10ème



Au 6, cour de la Ferme-Saint-Lazare, s'élève un hôpital dont le nom a
été longuement célébré dans les chansons réalistes, et dont l'origine
remonte au XIIè siècle.

C'était alors une léproserie fondée par les frères hospitaliers de Saint-Lazare.

Le cérémonial d'entrée des rois de France dans Paris exigeait
qu'ils y fissent une station, pour y recevoir l'hommage des ordres et
corporations de Paris.Quand ils mouraient, le rituel prévoyait un arrêt
au même endroit : on déposait leur dépouille à Saint-Lazare (qu'on
nommait plutôt, du reste Saint-Laurent) avant de la conduire à la
basilique Saint-Denis.

Sur l'enclos Saint-Laurent, considérable domaine, devaient être
construits la Gare du Nord et l'hôpital Lariboisière, et tous les
immeubles qui constituent le périmètre délimité par le Faubourg
Saint-Denis, le Faubourg Poissonnière, la rue de Paradis et le
boulevard de la Chapelle.

Saint Vincent de Paul installa, en 1632,dans la maison de Saint
Lazare, le Congrégation de la Mission : les lazaristes.La maison
s'ouvrit peu après aux insensés, ainsi qu'aux jeunes débauchés que leur
famille confiait aux soins diligents de "monsieur Vincent".Ecole de
formation de prêtres, Saint Lazare était en même temps un peu un asile
de fous, et un peu maison de correction.



Avant la prise de la Bastille et très précisément le 13 juillet
1789, la maison de Saint-Lazare fut la première victime de la
révolution.Une foule énorme, persuadée qu'un dépôt d'armes et de
subsistance y avait été constitué, envahit les bâtiments et les mit au
pillage.Une bibliothèque de 20 000 volumes et une collection de 150
tableaux furent entièrement détruits.

En 1793, Saint -Lazare fut transformé en prison : André Chénier y écrivit ses derniers vers avant de marcher vers la guillotine.

En 1794, il devint prison de femmes.On y enfermait aussi les
prostituées que la Salpétrière ne pouvait plus contenir.En 1834, on y
créa l'infirmerie spéciale où, jusqu'à nos jours se firent soigner les
professionnelles de l'amour, victimes d'accidents du travail.

C'est en 1940 seulement que furent détruits les bâtiments de la
vieille prison.Les plus anciens locaux que l'on peut voir aujourd'hui
datent seulement de Louis-Philippe : ce sont le bâtiment à deux étages
au fond de la cour et la chapelle.C'est sous le choeur d'une autre
chapelle, actuellement disparue, qu'avait été inhumé saint Vincent de
Paul.Après bien des tribulations, son corps a fini par être déposé à la
chapelle des lazaristes de la rue de Sèvres, où il se trouve encore.

Des prisonnières célèbres (Thérèse Humbert, Mme Steinheil) furent
enfermées ) Saint-Lazare, qui en 1932 cessa d'être une prison, pour
devenir exclusivement un hôpital spécialisé dans le traitement des
maladies vénériennes.

#92: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Ven Oct 17, 2008 6:47 pm


RUE DU DOUANIER 14ÈME aujourd'hui rue Georges-Braque



Deux rues pour un faux douanier



Ancienne rue du Douanier, cette impasse privée fut longtemps habitée
par des peintres Foujita, Derain et Braque qui est mort.Ils
construisirent leurs ateliers sur des terrains qui ne valaient pas
grand-chose et prirent entre eux l'habitude de baptiser leur rue du nom
du douanier Rousseau.En 1927, la municipalité ratifia leur choix, et
dénomma l'impasse "rue du Douanier".

Mais il faut croire que les conseillers municipaux ont oublié (ou
ignorent) cette origine, car, en 1949, ils donnèrent à une autre rue
toute proche le nom de "rue du douanier Rousseau"

C'est ainsi que Rousseau, qui ne fut jamais douanier, mais simple
employé d'octroi, posséda longtemps deux rue à Paris, dans le même
arrondissement, ce qui prêtait à confusion.

#93: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Sam Oct 25, 2008 7:09 pm


RUE D'ECOSSE 5ème



C'est dans une vieille maison de la rue d'Ecosse, derrière le Collège
de France, que vivait en 1850, Jacques Simon "berger en chambre", qui
nourrissait cinquante deux chèvres en son 5ème étage!

Jacques Simon, né à Bourganeuf, dans la Creuse, avait déjà deux
jumeaux quand sa femme mis au monde trois garçons.L'Assistance
Publique, apitoyée lui fit don de deux chèvres.

Huit jours plus tard, la mère et les bébés moururent, et Simon se
retrouva avec ses jumeaux et ses chèvres.Comme les femmes du quartier
venaient lui acheter du lait, le veuf eut, l'idée de se procurer
d'autres bêtes, et de se faire une spécialité de la vente du lait de
chèvre pour les enfants et les malades.Bientôt il en eut
cinquante-deux, intallées, à quatre vingt dix marches au-dessus du
trottoir.Chaque bête avait un box individuel et recevait une nourriture
spéciale(carottes, foin ioduré, foin avec herbe de menthe, ect.) selon
les malades auquel son lait était destiné.

Chaque jour, Simon, vétu d'un feutre à larges bords, d'une blouse
recouverte d'une limousine, le pantalon gris dans des houseaux de cuir,
un bâton ferré à la main, sortait quelques unes de ses chèvres qu'il
allait faire paître à Belleville, du côté des Buttes - Chaumont.

#94: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Dim Oct 26, 2008 7:41 pm


RUE DU FOUARRE 5ème



La rue du Fouarre s'est d'abord appelée " rue des Ecoliers".C'est là
qu'étaient installées, au XIIIème siècle, les écoles des quatre nations
: France, Picardie, Normandie et Angleterre, dont l'ensemble composait
la faculté des Arts, équivalent de notre enseignement secondaire.On
raconte que Dante Alighieri, l'auteur de la "Divine Comédie", vint tout exprès d'Italie pour en suivre les cours.

Ces cours étaient donnés en plein air, et les écoliers y assistaient
assis sur de la "fouarre", c'est à dire de la paille répandue sur le
sol, d'où le nom de la rue.Vers 1358, Charles V en fit fermer les
extrémités avec des chaînes, à cause des ordures qu'on y venait déposer
la nuit, mais surtout des "ribaudes" qui y menaient une joyeuse et
fâcheuse existence.

Cassiopée

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Message par Cassiopée le Jeu 30 Avr - 13:10

#95: Auteur: havamal,
Posté le: Dim Oct 26, 2008 8:29 pm


Paris IV eme ,



il y a la rue de la pute-y-muse (ancienement)

c'etait la rue frequenté par les prostitués

ancien français muser, flâner, ou Pute-y-Musse (la putain qui s'y cache)



devenue successivement par corruption Petit-Musse, Petit-Muce puis
Petit-Musc. Elle apparaît également sur un plan du XVIe siècle sous le
nom de rue des Célestins.



Elle débute au 2, quai des Célestins et finit au 23, rue
Saint-Antoine, soit une longueur de 333 mètres et une largeur de 5
mètres.



Aux N° 2 à 8, se situait l'entrée du couvent des Célestins. Ce
dernier s'étendait de la rue du Petit-Musc jusqu'au N°12 de l'actuel
boulevard Henri IV. Devenue dissipée, la communauté est dispersée en
1779.



Aux N° 26 à 30, se situait un hôtel d'Albret, édifié aux XIVe et XVe siècles[1].



Au N° 35, se situait une auberge du XVIe siècle, à l'enseigne de la Herse d'Or.



un petit lien aussi : http://www.humanite.fr/popup_imprimer.html?id_article=127515



ce qui es interressant avec le mot prostitué est : pornographie




Citation:
la
pornographie désignait les études concernant la prostitution. Ce qui se
retrouve dans son étymologie où le mot pornographie vient du grec
ancien πορνογράφος / pornográphos[5], lui même un dérivé de πόρνη /
pórnê signifiant prostituée et de γράφω / gráphô, qui signifie peindre,
écrire ou décrire.




http://fr.wikipedia.org/wiki/Pornographie



http://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Pornographie

#96: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Dim Oct 26, 2008 8:52 pm


Merci Havamal.......juste pour rire tu a va mal
où..........!!!!!!!!!Même si nous n'habitons pas la capitale.....toute
information est la bienvenue je ne demande que d'apprendre...........en passant je raconte Paris même si je n'y habite pas mais mes enfants

me la font découvrir....après je la raconte d'après certains livres....
mais certains habitent d'autres grandes villes qui ont aussi un passé
aussi intéressant comme je ne sais Lyon....d'autres, la France est
tellement riche!!!! je sais je me répète et je constate que beaucoup
s'inscrivent , mais pour rien !!!!!!!!!ils ne réagissent dans aucun
domaine.......même pas une blague!!!!!!!!!!!!

#97: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Dim Nov 02, 2008 7:39 pm


AVENUE FOCH 16è



Visites à la chandelle



Au n°59 de l'avenue Foch se tient le curieux "musée
d'Ennery".L'immeuble et les collections d'art d'Extrème Orient qu'il
renferme ont été légués à l'Etat par Adolphe Ennery (1811-1899)
l'immortel auteur des "Deux Orphelines" et d'un grand nombre de romans
analogues, anticipant "la presse du coeur".

Le musé d'Ennery a la particularité d'être le seul musée parisien
dépourvu d'éclairage électrique.On y voit une collection
impressionnante de dragons, de masques de sorciers chinois(d'une
authenticité parfois douteuse)et de "netzkés", petites figurines que
les Japonais attachent à la ceinture de leurs kimonos.


Cassiopée

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Re: Paris (page 7 et 8)

Message par Cassiopée le Jeu 30 Avr - 13:10

#98: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Lun Nov 10, 2008 7:38 pm


RUE AUBRY-LE-BOUCHER 4ème



La rue Aubry-le-Boucher doit tout simplement son nom à un notable du Moyen-Age qui y avait installé sa boutique.

En 1309, un homme qu'on menait au supplice fut délivré, dans cette rue,
par le cardinal de Saint-Eusèbe.Comme autrefois les Vestales à Rome,
les cardinaux ont longtemps conservé le privilège de sauver la vie des
criminels qu'ils croisaient sur leur chemin, à condition, bien sûr, que
cette rencontre n'eût pas été (ou n'eût pas l'air d'avoir été)
préméditée.



L'ouvrier cordonnier Jean-Jacques Liabeuf (1886-1910) restera l'un
des criminel les plus étonnants du début de ce siècle.Un sentiment
particulier de l'honneur, un sens quasi sacré de la justice le
conduisirent à l'échafaud.

Condamné, en août 1909, à trois mois de prison, cent francs
d'amende et cinq ans d'interdiction de séjour pour proxénétisme, alors
qu'il était, semble t-il innocent de ce délit, il jura de se venger des
agents de la brigade des moeurs qui l'avaient faussement accusé.Le 9
janvier 1910, bravant l'interdiction de séjour, il se pavana rue
Aubry-le-Boucher, où tout
le monde le connaissait, attirant volontairement l'attention des
policiers de service.Ceux-ci voulurent l'appréhender.Mal leur en prit :
ils se meurtrirent douloureusement les mains sur les brassards hérissés
de pointes d'acier que Liabeuf avait fixés sur ses avants bras et ses
biceps, et qu'une pélerine dissimulait.Au cours de la rixe qui suivit,
Liabeuf, à coup de couteau et de révolver, tua un agent et en blessa
six autres.

Aux Assises, il déclara "J'ai été condamné comme souteneur, mais
je ne suis pas un souteneur.J'ai été, à la suite de cette condamnation,
interdit de séjour.Eh bien ! à cette peine infamante, je préfère la
guillotine !"Condamné à mort, il accueillit le verdict par ces mots :
"Si vous
m'avez condamné, c'est comme assassin et non comme souteneur.Devant la
Veuve et jusqu'à la dernière goutte de mon sang, je protesterai de mon
innocence".

Son exécution, le 30 juin 1910, donna lieu à de puissantes
manifestations ouvrières.Cependant qu'il montait à l'échafaud service
d'ordre et manifestants se battirent rue Broca, rue du Faubourg Saint
Jacques, et jusqu'à la place Denfert-Rochereau, aux cris, mille fois
répétés par les manifestants de "Vive Liabeuf"!.

Ce dernier indifférent à tout ce vacarme, poursuivant son idée fixe, mourut en criant : "Je ne suis pas un souteneur"!.

#99: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Mer Nov 19, 2008 7:32 pm


Les "Traboules" de Paris



L'une des richesses les plus mystérieuses de Paris, ce sont ses
passages, moins "secrets" certes que les fameuses "traboules"
lyonnaises, mais propices à la flânerie et aux rêves.



Le Xè arr. a les siens - Passage du Désir, passage Brady, passage
du Prado, ect - mais c'est dans le II et le IXè arr que le promeneur
retrouvera le plus grand nombre de ces "passages marchands", encore
aujourd'hui îlots de calme au centre de la circulation urbaine.La
plupart d'entre eux furent ouverts au cours de la première moitié du
XIXè siècle, à l'emplacement d'anciens hôtels particuliers.Le point
culminant de leur vogue se situa sous le second Empire, à l'époque où
les Parisiens s'amusaient à poser la devinette ; "Quelle différence y a
t-il entre le baron Haussmann et l'Empereur"? et à répondre "Aucune!Le
baron est acheté par l'Empereur et l'Empereur est à jeter par les
fenêtres!".

Le badaud ne manquera pas de visiter "passage Sainte-Anne" percé
en 1829, où la "Revue spirite" d'Allan Kardec avait son siège, et le
"passage Choiseul", où Lemerre, l'éditeur des Parnassiens, disparu
depuis peu, tenait boutique.

Mais la plupart de ces passages, orientés nord-sud, permettent
sans interruption, si l'on excepte quelques traversées des rues
orientées est-ouest, l'une des promenades les plus insolites de
Paris.De la rue de Provence, rive droite, à la rue de Seine, rive
gauche, de l'hôtel Drouot à l'Institut, c'est une promenade qui
mériterait, en ce siècle de folie automobile, d'être plus fréquentée.Vous ferez désormais partie de "ceux qui savent".Mais rien ne vous interdit d'établir par vous même votre itinéraire secret de "piéton à Paris".

Empruntez d'abord le "passage Verdeau", traversez la rue de la Grange-Batelière, prenez le "passage Jouffroy "qui vous mène boulevard Montmartre, à la hauteur du Musée Grévin.Traversez.Au n°11 boulevard Montmartre, engagez vous dans "le passage des Panoramas", où Robert Fulton avait installé d'immenses toiles peintes représentant des scènes historiques.Vous pourrez hésiter pour en sortir : vous diriger vers vers la rue Montmartre?Vers la rue Saint-Marc? L'essentiel est que vous contourniez la Bourse et preniez la rue Vivienne.Vous
y découvrirez la "Galerie Vivienne" où l'illustre Vidocq a habité, où
le Petit théatre de Marionnettes tenait ses assises, à la fin du XIXè
siècle et où à la même époque, eurent lieu les premières expositions
des "Arts Incohérents". Presque en face au n°5 de la rue des Petits
Champs, le "passage des Deux-Pavillons" vous
conduit aux "galeries du Palais Royal".Suivez les.En sortant,
contournez le Conseil d'Etat, prenez le métro "Palais Royal" à l'angle
de la rue Saint-Honoré et de la place, devant les magasins du Louvre,
traversez la galerie marchande du métro ;en sortant prenez la rue de
Rivoli, sous "les arcades du magasin du Louvre".Traversez la rue de
Rivoli et vous voici dans la Cour carrée du Louvre, que vous traversez.Attendez sagement au feu rouge du quai du Louvre et prenez le Pont-des-Arts.

Votre dernier passage sur la rive gauche, sera "l'arcade de l'Institut" qui vous mènera à la rue de la Seine.

Vous serez surpris, en rentrant chez vous (par le métro qui vous
offrira un dernier passage à vide) de dénombrer la quantité prodigieuse
de libraires d'occasion, d'antiquaires, de marchands de pipes et de
médailles, de boutiques de philatélie et de petits commerces insolites
que vous aurez pu croiser.



Passage Vivienne



Passage Choiseul



et autres

http://www.parisinconnu.com/passages/verdeau1.php

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Re: Paris (page 7 et 8)

Message par Cassiopée le Jeu 30 Avr - 13:11

#100: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Lun Nov 24, 2008 7:37 pm


RUE BARTHÉLEMY 15ème



Au N°1 de la rue Barthélémy, se réunissait, entre les deux guerres, le
dernier carré des disciples de Swendenborg.Réduits à une vingtaine de
fidèles, ils avaient trouvé refuge dans la boutique d'une
blanchisseuse, où ils ne regroupaient plus que deux fois par mois, pour
célébrer un culte sommaire.

Etrange destinée que celle de ce Swendenborg.Savant génial il eut,
dès 1750, des intuitions prphétiques, posa la base de la physique
nucléaire et les principes qui devaient donner naissance à l'avion et
au sous-marin.Puis, il quitta le terrain aride de la science pour
commercer avec les anges et révéler aux hommes "la Vraie Religion
Chrétienne".

Swedenborg, dans une oeuvre puissante, délirante et touffue
raconte comment il avait visité successivement six fois Mercure, vingt
trois fois Jupiter, six fois Mars, trois fois Saturne et une fois la
Lune, discuté avec leurs habitants respectifs et fréquenté
quotidiennement les puissances célestes.

Il en résulta une explication originale du christianisme, que nous
n'entreprendrons pas de résumer ici, et l'ébauche d'une religion
dépouillé, rationalisée, contrastant avec l'illumination fulgurante de
son fondateur, dont l'influence fut énorme sur les plus grands esprits
de son temps.

"La Séraphita" de Balzac témoigne de la même inspiration et
atteste des résonances dans tous les domaines, longtemps après la mort
de l'ingénieur-prophète.

Rue Barthélémy, le culte se bornait à la récitation du"Pater",
seule prière admise par les swedenborgiens, à quelques cantiques puisés
dans le répertoire luthérien, et à un commentaire des
Ecritures.L'officiant opérait en jaquette, sur une simple estrade ornée
de fleurs artificielles.Les swedenborgiens de Paris n'ont plus de
chapelle.Mais des groupes importants subsistent dans divers autres pays
d'Europe : Suède, Allemagne et Grande Bretagne.

#101: Auteur: Jeannine 63, Localisation: Clermont-Ferrand France
Posté le: Lun Nov 24, 2008 8:12 pm


Mais on ne peut pas mettre Paris en bouteille!

"Dernière édition par Jeannine 63 le Lun Nov 24, 2008 8:13 pm; édité 1 fois"

#102: Auteur: Jeannine 63, Localisation: Clermont-Ferrand France
Posté le: Lun Nov 24, 2008 8:14 pm


pas très fin mais tes posts sont très interressants!

#103: Auteur: broceliande, Localisation: bretagne
Posté le: Lun Nov 24, 2008 10:59 pm


Merci Graindesel, pour tes posts sur Paris... Cela m'enchante... Pourquoi?

Eh bien parce que je suis née sur le parvis de ND de paris. Officieusement.

Officiellement, le "paquet" (mère/fille) a été conduit à l'Hôtel Dieu... à côté...

Plus parisienne que moi, à part Esméralda, tu ne trouveras pas.

Et pourtant, comme chante Gilles Servat, j'ai choisi d'être bretonne, comme ma mère.

Mais mon coeur continue de balancer, entre les deux...



#104: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Lun Déc 01, 2008 7:28 pm


Rue de PROVENCE 8 et 9ème



En 1780, la veuve de Pierre Isaac Thélusson, riche banquier de Genève,
se fit construire par Nicolas Ledoux, un magnifique hôtel, dont la
porte d'entrée, qui ressemblait plutôt à un arc de triomphe, défraya la
chronique..Après la Révolution, on y dansa pour la première fois.

C'est là que furent organisés les fameux " bals des victimes" ; on
n'était admis à y danser qu'après avoir prouvé qu'un membre de sa
famille avait fini sur l'échafaud et le "salut à la victime" y était de
rigueur.En entrant, en abordant une dame, en invitant sa danseuse, on
saluait " à la victime", ce qui consistait en un mouvement de tête
imitant celui du condamné au moment où il bascule sur la planche pour
passer son cou dans la lunette fatale..De ce bal partit la mode des
robes gréco-romaines mais aussi celle de la coiffure dite " à la
Titus"..Quelques fortes têtes de ce bal ne trouvant pas le salut à la
victime assez expressif, imaginèrent un article de règlement portant
que l'on n'y serait reçu désormais qu'après s'être fait couper les
cheveux à ras sur la nuque, de la même manière que le bourreau les
coupait aux victimes du tribunal révolutionnaire.

L'idée fit fureur et fut adoptée par tous les hommes et toutes les
femmes qui voulaient être à la mode, quand bien même leur beauté
dût-elle en souffrir.L'ironie de ces bals, c'est que ceux qui les
donnaient et les fréquentaient étaient les propres enfants des
victimes, les aristocrates à qui l'on venait de restituer leurs
biens...





#105: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Ven Déc 05, 2008 7:53 pm


RUE QUICAMPOIX 3-4ème



Vers 1720, le cabaret de l'Epée de bois était très fréquenté par
les agioteurs de toutes sortes qui y menaient grande vie en compagnie
des usuriers dont c'était le fief.Parmi eux on rencontrait souvent le
comte Antoine de Horn, qui était parent du Régent, et ses deux
associés, Miles et Lestang.A cette époque, est t-il besoin de le
préciser, chacun serrait toute sa fortune dans son portefeuille.Sous
prétexte de traiter une important affaire, les trois gredins
entraînèrent un nommé Lacroix, réputé richissime, au cabaret de l'Epée
de bois.Ils se firent donner un cabinet dont les fenêtres ouvraient sur
la rue de Venise.Là, de Horn et Miles assassinèrent le malheureux pour
le dépouiller plus aisément, cependant que Lestang faisait le guet dans
la rue.Mais le meurtre était à peine achevé qu'un garçon ouvrit la
porte du cabinet, et courut donner l'alerte.Sentant ses complices
découverts, Lestang prit la fuite et parvint à quitter Paris, puis la
France.Les deux autres sautèrent par la fenêtre.De Horn se foula la
cheville et fut arrêté sur-le-champ ; Miles, qui avait pu s'échapper,
fut rattrapé au marché des Innocents.Les assassins devaient, selon la
loi, subir le supplice de la roue.Toute la noblesse intervint auprès du
Régent pour obtenir la grâce du comte, en considération de leur
parenté.Mais le Régent répondit fièrement :
-Quand j'aurais du mauvais sang, je le ferait tirer.

Quatre jours plus tard, de Horn et Miles expiraient sur la roue.

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Re: Paris (page 7 et 8)

Message par Cassiopée le Jeu 30 Avr - 13:11

#106: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Mar Déc 09, 2008 7:51 pm


RUE SAINT ANTOINE 11ÈME



L'église Saint-Paul-Saint-Louis fut construite au XVIIè siècle par la
Compagnie de Jésus, installée depuis 1580 sur Saint Antoine.Le cardinal
de Richelieu y célébra la première messe en présence de la famille
royale, le 9 mai 1641.

Un escalier de pierre, situé à la hauteur de la chaire et
dissimulé par une trappe, permet d'accéder à des caves souterraines où
l'on enterrait les pères jésuites en pleine terre, sans autre marque
qu'une plaque de plomb suspendue au mur.C'est là que fut inhumé
Bourdaloue, célèbre prédicateur qui avait fait ses débuts à Saint-Paul
en 1669.

Le "Grand Pan" comme l'appelait Mme de Sévigné ( qui prisait fort
d'aller"se jeter dans le Bourdaloue") attirait tant de monde rue
Saint-Antoine que dès 5 h du matin, les valets retenaient les places
que leurs maîtres venaient occuper pour le sermon de trois heures de
l'après midi.

Des inscriptions, sous les arcades du choeur, rappellent la
présence, dans l'église au XVII et XVIIIè siècle, des reliquaires des
coeurs de Louis XVII et de Louis XVI, qui disparurent en 1802.

Les coeurs eux-mêmes auraient connu une destinée surprenante.Un
peintre du nom de Saint-Martin les aurait achetés, afin de se procurer
"la mumie", substance brune et aromatisée, qui donne aux toiles un
glacis incomparable.Il n'aurait utilisé qu'une partie du coeur de Louis
XIV et remis le reste de la relique à la maison du roi en 1819, puis
peu avant sa mort, le coeur de Louis XIII intact.

Cette histoire que rapporte Lenôtre d'après les dires d'un certain
Schunck de Géroltzheim a été contesté par des études ultérieures.

#107: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Lun Déc 15, 2008 7:45 pm


RUE LUCIEN GAULARD 18ème



Le cimetière Saint Vincent, un des plus petits de Paris, fut ouvert en
1831, alors que Montmartre était encore un petit village.On le ferma en
1858, mais en y réservant quelques concessions perpétuelles.C'est ainsi
que depuis 1943, y repose le comédien Harry Baur.

Le 6 février 1926, le cimetière Saint-Vincent fut la théâtre d'une
cérémonie sans doute unique dans les annales funéraires de Paris.

Après un service à Notre-Dame de l'Assomption, un magnifique cortège( première classe exceptionnelle) traversa tout
Paris : le corbillard était tiré par quatre chevaux caparaçonnés, tenus
en bride par des valets funèbres, et suivi par un grand nombre de
voitures de deuil, aux chevaux également caparaçonnés.En saluant le
défunt, les passants se demandaient quel était ce prince qui allait
rendre à la terre sa périssable enveloppe.

Au cimetière Saint-Vincent, une bière massive,faite dans un bois
précieux, fut posé sur le sol devant une fosse béante.On sortit alors
du sarcophage magnifique un cercueil de bois blanc, celui des pauvres,
que l'on confia tout seul à la terre.

Ce n'était pas un prince qui avait quitté ce bas monde mais un "ami de
Dieu", ésotériste et mystique chrétien,.Yvon le Loup était né à Dinan
en 1871.Venu à Paris en 1883, il se passionna d'abord pour
l'occultisme, adopta le pseudonyme de "Sédir" et devint le
collaborateur du mage Papus.Mais une rencontre providentielle, qu'il
évoque à mots couverts dans son livre "Initiations" le guida vers la
voie christique.Il écrivit un grand nombre d'ouvrages de spiritualité
et groupa autour de lui une "église intérieure",dite les "Amitiés
spirituelles", qui du reste est toujours vivante.

Il mourut chez le baron de Graffenried.C'est ce mécène qui ordonna
ses magnifiques funérailles, compensées à la demande de ses disciples,
par l'ultime rappel à la pauvreté et à l'humilité des vrais chrétiens.

Le cénotaphe de Sédir se voit à gauche en entrant : c'est une
dalle verticale de marbre rose, dans laquelle est sertie la
reproduction d'une médaille datant, dit-on de Trajan, et qui représente le profil du Christ, avec à droite et à gauche, les lettres hébraïques "Aleph et Schin".





#108: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Lun Jan 05, 2009 7:34 pm


PLACE D'ALIGRE 12ème



Le "petit marché au puces" qui se tient chaque jour de 9h à 12h30 sur
la place d'Aligre est lié à l'histoire de l'abbaye
Saint-Antoine-des-Champs.En effet, l'abbé avait accordé des privilèges
particuliers aux marchands d'habits, à condition que ceux-ci vendent à
très bon marché aux pauvres du quartier.Cette règle fut rigoureusement
suivie jusqu'en 1914.

Aujourd'hui on trouve un peu de tout
au marché d'Aligre, mais la tradition de la friperie reste vivace.Sur
les 23 brocanteurs attitrés (il y en avait 200 en 1865!) trois ou
quatre seulement se sont spécialisés dans les bibelots, gravures et
objets divers.

Les autres vendent essentiellement de vieux habits, de la lingerie
passée de mode; des trousseaux défraichis et de la mercerie découverts
dans les greniers et les ventes de province.

#109: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Jeu Jan 15, 2009 7:39 pm


Place de la CONTRESCARPE 5ème.



Crée en 1852, donc relativement récente, la place de la Contrescarpe
occupe l'emplacement de l'ancienne porte Bordelles, une des entrées de
Paris de l'enceinte de Charles V(On peut voir le plan de la porte, avec
ses deux tours et son pont-levis, sur la façade du n°50 de la rue
Descartes)

Le carrefour de la Contrescarpe, hors les murs, fut très fréquenté
par des "godailleux" qui menaient un tel train de vie dans les
nombreuses tavernes de l'endroit qu'au XVIIIè siècle, le lieutenant de
police dut y installer un poste de gardes-françaises.

Jusqu'aux années 1950, la place de la Contrescarpe fut une sorte
de "no'man's land" où les clochards de la montagne de Sainte-Geneviève
pouvaient rencontrer ceux des bords de la Seine, sans que jaillissent
les couteaux.L'affluence provoquée par quelques cabarets, qui ont
importé à la Contrescarpe les folklores espagnols et américains, a
pratiquement chassé les clochards, dont le havre hivernal était une
bouche d'hibernation, sur la quelle stationnent aujourd'hui les
cyclomoteurs du quartier.

Cassiopée

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Re: Paris (page 7 et 8)

Message par Cassiopée le Jeu 30 Avr - 13:12

#110: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Mer Fév 04, 2009 7:31 pm


RUE BLAINVILLE 5ème



De 1685 à 1865, cette rue s'est appelée rue Contrescarpe
Saint-Marcel.C'est là très probablement à l'actuel n°9, que vaticina
durant la Terreur, la prophétesse Catherine Théot, dite "la Mère de
Dieu" qui divinisait Robespierre et fut, involontairement une des
causes de sa chute, par le ridicule dont elle le couvrit.

Voici d'après leur rapport, comment les policiers Senar et Héron
se firent admettre, le samedi 7 mai 1794 (18 floréal an II) par les
fidèles de la Mère de Dieu.

"L'introductrice (une vieille servante) nous apprit que la Mère
n'était pas encore levée, et nous fit attendre dans une espèce
d'antichambre où, presque aussitôt, paru un homme vêtu d'une redingote
blanche, qui avait l'air d'être chez lui."

Après une longue attente, une femme s'adressa à Senar :

-Venez, homme mortel, vers l'immortalité , la Mère de Dieu vous permet d'entrer.

Sénar fut introduit dans une chambre, où attendaient déjà quelques personnes dont une disciple : L'Eclaireuse.

L'Eclaireuse agita sa sonnette.Les rideaux d'une alcôve
s'écartèrent et Catherine Théot apparut, grande , sèche, diaphane.Sa
tête et ses mains d'une maigreur extrème, étaient agitées d'un
tremblement sénile.Elle avança, soutenue sous les bras par deux
assistants.Deux jolies filles l'aidèrent à s'asseoir dans un fauteuil
bleu et blanc, s'agenouillèrent devant elle, baisèrent sa pantoufle et
se relevèrent, en disant : "Gloire à la Mère de Dieu".

Après diverses simagrées, Sénar vit combler ses voeux, l'Eclaireuse s'approcha de lui.

-Voulez vous la lumière?

Il répondit affirmativement.

-Savez-vous lire?

-Un peu

Elle lui prit la main et le conduisit à Catherine Théot devant laquelle elle s'agenouilla.

-Je vais, mon fils, vous admettre, dit la prophétesse.Joignez vos mains.

Il obéit, tandis que l'Eclaireuse lui soufflait à l'oreille :

-Vous allez recevoir les 7 dons de Dieu.

Elle passa derrière lui et lui serra la tête fortement.Sénar sentit
les lèvres de la Mère se poser sur son front, sur ses paupières, sur sa
joue gauche, deux fois sur son menton et derrière son oreille
droite.Puis elle traça une croix sur son front.

-A votre tour, ordonna l'Eclaireuse.

Sénar rendit ses baisers à Catherine.

-Fils et Mère baisez vous sur la bouche!

Sénar se soumis héroïquement à cette dernière épreuve.La Mère lui faisant signe de se lever, lui déclara qu'il était reçu.

Admis dans la secte, les policiers acquirent la preuve que
Catherine et ses disciples divinisaient Robespierre.D'où le 8
Thermidor, une "interpellation" à la Convention, fatale à l'
Incorruptible.

Auparavant, la prophétesse et ses disciples avaient été incarcérés
à la Petite Force, puis au Plessis.Mais elle avait annoncé : "Je ne
périrai pas sur un échafaud.Un évènement qui jetera l'épouvante sur
Paris, annoncera ma mort.

Elle mourut, en effet, le 31 août 1794.Au moment précis où elle
rendit son dernier souffle, une formidable explosion ébranla Paris : la
poudrière de Grenelle venait de sauter, faisant des centaines de
victimes, brisant presque toutes les vitres de Paris, répandant la
terreur et confirmant aux fidèles de la morte son don de prophétie.

#111: Auteur: Jeannine 63, Localisation: Clermont-Ferrand France
Posté le: Mer Fév 04, 2009 7:54 pm


ça c'est paris!

#112: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Dim Fév 15, 2009 7:04 pm


COUR DU COMMERCE-SAINT-ANDRE-DES-ARTS 6ème





Sur la droite de la cour du Commerce-Saint-André-des Arts, après un
atelier d'artisan sis au numéro 4, dans lequel on on peut voir les
restes d'une tour de l'enceinte de Philippe-Auguste, s'ouvre la cour
des Rohan, ensemble de trois cours successives tirant son nom, par une
erreur d'homonyme, de l'hôtel des archevêques de Rouen qui, au XVème
siècle s'élevait là.



On y verra gravées sur la pierre d'une fenêtre du rez-de-chaussée,
dans la deuxième cour, les armes des Rohan " de gueules à neuf mascles
d'or".

Dans la troisième cour existe encore un des vieux puits de la rive
gauche( ( les autres étant situés 13, rue de Nesle,36 rue Mouffetard et
25 rue Croulebarbe).La margelle basse est ornée d'égouttoirs en forme
de gargouilles, et protégée par une grille en fer forgé.



C'est dans la cour des Rohan que l'on peut voir le dernier
passe-mule existant à Paris : c'est un marchepied pyramidal de fer,
scellé en terre, qui permettait aux personnes obèses de monter en selle
sans effort.



En 1790, au n° 8 de la cour du Commerce, Marat installa la
rédaction et l'imprimerie de "L'ami du peuple".Ils y restèrent jusqu'au
14 juillet 1793.Son prote(contremaître), que cette besogne sédentaire
devait excéder, abandonna la typographie en 1792 et s'engagea dans
l'armée.Il y fit carrière : il s'appelait Brune et devint maréchal de
France.

A la même époque, au n°9 habitait un menuisier allemand du nom de
Schmidt, chez lequel le docteur Guillotin expérimentait, sur des
moutons vivants, sa "philanthropique machine à décapiter" dont il se
demandait quel débouché commercial elle pourrait bien avoir.Quelques
années plus tard, découvrant avec horreur à quel abominable appareil il
avait prêté concours, Schmidt s'adonna à la boisson et mourut, sous
l'Empire, d'une crise de délirium tremens.

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Re: Paris (page 7 et 8)

Message par Cassiopée le Jeu 30 Avr - 13:12

#113: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Sam Mar 07, 2009 7:31 pm


RUE COGNACQ-JAY 7ème



Le bal des folles.



L'une des manifestations les plus célèbres de l'entre-deux-guerres à
Paris fut le bal de la Magic-City qui avait lieu deux fois par an pour
Mardi-Gras et à la Mi-Carême."Il s'agissait d'un bal tout
à fait spécial et qui pour n'être pas une réunion de famille, n'en
porte pas moins dans le public un nom essentiellement familial.Un
mystérieux appel avait réuni là des bandes d'ignobles éphèbes aux
gestes trop apprêtés, aux manières efféminées, aux dandinements
grotesques.La plupart de ces tristes individus s'étaient déguisés en
femmes et il fallait voir - ou plûtot il aurait fallu ne pas voir -
avec quelle impudeur, ils étalaient le 'cold-cream" de leur poitrine et
de leurs cuisses

Le chroniqueur du journal "Liberté n'était pas le seul à
répprouver cette manifestation qui attirait non seulement des
homosexuels venus de partout, mais aussi un grand nombre de curieux.Et
à la suite des émeutes de février 1934, les ligues d'extrême droite
cherchèrent à empêcher son déroulement.

"Les tantes sont devenues d'autres victimes du 6 février 34.On
ameuta la police.On organisa une espèce de soulèvement contre les
tantes de Paris.Et trois semaines plus tard, à la Mi-Carême 34, on vit
des policiers examiner à la loupe, chaque couple qui descendait de
voiture devant Magic-City.On avait organisé des bagarres.On interdisait
de stationner.On avait neutralisé tout un quartier.Il y avait cinq fois plus de policiers que de danseurs et de curieux réunis.C'était d'un ridicule à en pleurer".

Dès l'année suivante, Magic-City retrouvait cependant ses fastes et ses
folles.Le fameux bal fut organisé jusqu'en 1939, jusqu'à la mise ne
place de cet ordre moral dont les ligues avaient rêvé.





#114: Auteur: Jeannine 63, Localisation: Clermont-Ferrand France
Posté le: Sam Mar 07, 2009 10:33 pm


Quel beau travail divinement illustré par de belles photos!

Cassiopée

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Re: Paris (page 7 et 8)

Message par Cassiopée le Jeu 30 Avr - 13:12

#115: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Lun Mar 23, 2009 6:11 pm


RUE CLOVIS 5ème



Des fouilles menées en 1896 à l'angle des rues Clovis et du
Cardinal-Lemoine, ont permis de déterminer la physionomie de l'enceinte
qui , sous Philippe Auguste, ceintura le Paris du XIIIème siècle.Un pan
de mur est encore actuellement debout entre les n° 1 et 5.

C'était une muraille imposante, d'une épaisseur de 3 m env.,
constituée par deux parements en pierres de moyen appareil, que reliait
un blocage de menus matériaux noyés dans du mortier.Des tours espacées
les unes des autres d'une soixantaine de mètres, faisaient saillie à
l'extérieur de la maçonnerie.L'intérieur des tours était voûté et
recouvert d'une toiture.

L'enceinte comprenait une quarantaine de tours et au moins cinq
portes sur la rive droite : partant à la hauteur du quai des Célestins,
elle obliquait après la porte Saint-Antoine et atteignait la porte
Saint-Denis, d'où par une sorte d'arc de cercle, elle revenait vers le
Louvre, qu'elle longeait jusqu'à la Seine.

L'extrémité occidentale de l'enceinte, sur la rive gauche,
peut-être située place de l'Institut, où s''élevait la tour Philippe
Hamelin, future Tour de Nesle.

De là par un tracé rectiligne, les fortifications atteignaient la
porte Saint-Jacques, coupaient le boulevard Saint-Michel et, après un
angle droit, rejoignaient la Seine à la hauteur du port Saint-Bernard.

On a également retrouvé les traces de cette enceinte entre la rue
Descartes et la rue Clovis(où, au début du XXème siècle, on pouvait
encore la voir s'élever jusqu'à une hauteur de plus de 10m) à l'angle
de la rue Monge et de la rue d'Arras, à l'angle de la rue
Cardinal-Lemoine et de la rue des Chantiers, ainsi qu'à bien d'autres
endroits, aujourd'hui effacés par les constructions modernes.Au total,
l'enceinte comportait sur la rive gauche, une trentaine de tours et six
portes.

#116: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Ven Avr 17, 2009 6:42 pm


PLACE SAINT PIERRE 18ème



Les carrières du Diable



Connues depuis l'époque gallo-romaine, les carrières de plâtre de
Montmartre auraient servi, assure Guillebert de Metz dans sa
"description de Paris du XVè siècle", à la reconstruction des trois
quarts des habitations du vieux Paris.

Après une exploitation intensive et plusieurs effondrements
spectaculaires, on dut combler une grande partie des carrières, car
certains chemins, comme le "Chemin Vieux" et celui de la Fontenelle, se
trouvaient isolés entre de profonds ravins.Ces travaux de remblais
furent à l'origine de l'actuelle "Place Saint-Pierre"

De ces carrières qui avaient fort mauvaise réputation, les
habitants de Montmartre redoutaient de s'approcher la nuit venue :
elles servaient de refuge, assuraient-ils, aux vauriens, aux vagabonds
et à tous ceux dont l'allure, pendant le jour paraissait peu
recommandable..On disait aussi que certaines d'entre elles servait de
lieu de rendez-vous aux frères Rose-Croix.

De même le marquis d'Argenson rapporte dans son "Journal "à la date du
16 janvier 1752 qu'un sieur Delafosse faisait voir et parler Satan en
personne devant les dames de Paris et que c'est là qu'il attirait tous
ceux qui voulaient participer à ses sacrilèges.

Delafosse finit par quitter les carrières pour la prison.

Une de ces carrières servit de refuge à Marat poursuivi par la
virulence de ses articles dans "L"Ami du peuple".Il y vécut 15 jours,
mais y fut découvert et arrêté le 12 décembre 1789.

20 hommes l'entraînèrent à l'Hôtel de Ville.Là il fut remis en
liberté, après avoir confondu ses adversaires.C'est la raison pour
laquelle Montmartre porta quelque temps le nom de "Montmarat", comme
l'attestent plusieurs plans publiés à cette époque.

Lors des journées de juin 1848, une centaine d'insurgés se
réfugièrent dans les carrières à proximité de la barrière
Rochechouart.Les troupes de Cavaignac les y massacrèrent commodément et
leurs corps furent ensevelis sur place.

Cassiopée

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